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Approche

L’approche globale du ReQIS est fondée sur plusieurs approches spécifiques qui permettent à l’organisme de travailler dans l’intérêt de toutes les personnes sourdes et malentendantes:

  • Action communautaire
  • Justice sociale
  • Par et pour les personnes sourdes et malentendantes
  • Renforcement de la capacité d’agir (empowerment)
  • Déconstruire l’audisme

Action communautaire

Le ReQIS adopte une approche fondée sur l’action communautaire, qui situe les organismes communautaires comme des acteurs incontournables dans l’exercice de la démocratie et la mise en œuvre de changement sociaux. L’action communautaire est un pilier de la société québécoise : « L’histoire et l’évolution du Québec ont été fortement marquées par l’ampleur de l’action en milieu communautaire. Au fil des ans, les organismes de ce milieu sont devenus une composante significative de notre structure sociale. Indépendant des mouvements politiques ou syndicaux, le milieu communautaire contribue de manière importante à donner à la société québécoise sa force et son originalité. »[1]

Justice sociale

Le ReQIS adopte une approche fondée sur la justice sociale qui confère à tous les êtres humains le droit à l’égalité et à l’équité. Selon l’ONU, « la justice sociale est fondée sur l’égalité des droits pour tous les peuples et la possibilité pour tous les êtres humains de bénéficier, sans discrimination, du progrès économique et social partout dans le monde. Promouvoir la justice sociale ne consiste pas simplement à augmenter les revenus et à créer des emplois. C’est aussi une question de droits, de dignité et de liberté d’expression (…) ainsi que d’autonomie économique, sociale et politique »[2].

Par et pour les personnes sourdes et malentendantes

Le ReQIS adopte une approche par et pour les personnes sourdes et malentendantes. L’approche du « par et pour » signifie que ce sont les personnes directement touchées par une problématique qui sont les mieux placées pour définir leurs besoins et leurs aspirations et pour guider l’action sociale à l’égard de ce qui les concerne. Le ReQIS est un organisme qui est mené principalement par des personnes sourdes et malentendantes et qui mène sa mission principalement pour les personnes sourdes et malentendantes.

Les personnes entendantes jouent un rôle important dans l’approche du « par et pour » : en étant des alliées solidaires, elles soutiennent les idées et les projets mis de l’avant par les personnes sourdes et malentendantes, tout en travaillant activement à conscientiser leurs privilèges de sorte à ne pas adopter consciemment ou non d’attitudes oppressives (ex : comportements audistes).

Renforcement de la capacité d’agir (empowerment)

Le ReQIS adopte une approche de renforcement de la capacité d’agir (empowerment) qui consiste en un soutien et un accompagnement visant à développer la capacité d’agir d’une personne ou d’un groupe de personnes.

Le terme anglophone empowerment est largement utilisé dans le milieu communautaire pour désigner la prise de pouvoir nécessaire pour développer le plein potentiel d’une personne ou d’un groupe de personnes. Grâce au renforcement de la capacité d’agir, les personnes sourdes et malentendantes se conscientisent, se donnent des outils d’action et développent des stratégies d’action collective en vue d’améliorer leurs conditions de vie et de faire reconnaître leurs droits.

Déconstruire l’audisme

Le ReQIS adopte une approche de lutte à l’audisme qui consiste en une vigilance accrue à l’égard des rapports de pouvoir infériorisant des personnes sourdes et malentendantes et pouvant leur porter préjudices.

Inventé en 1975 par Tom Humphries, le terme « audisme » rassemble en un seul mot plusieurs idées et actions. Les pratiques et les propos audistes peuvent être conscients ou inconscients, perpétrés par des personnes entendantes ou encore, par des personnes malentendantes et sourdes qui ont intériorisés des croyances audistes.

Voilà une définition[3] de différentes formes d’audisme :

Du latin audire (entendre) et isme (système de pratiques, actions, croyances, attitudes).

  1. La croyance selon laquelle les personnes qui entendent sont supérieures en fonction de leur aptitude à entendre, à parler et à agir comme quelqu’un qui entend, et donc supérieures à celles qui sont sourdes ou malentendantes (Humphries, 1975).
  2. La manifestation historique et systémique de la domination et de l’autorité imposées par le monde entendant aux communautés sourdes (Lane, 1992).
  3. La discrimination ou les préjugés envers les personnes qui sont sourdes ou malentendantes (American Heritage Dictionary, 2015).
  4. La hiérarchisation de la surdité et de l’audition en subordonnant la première à la seconde (Humpries, 1975).
  5. La hiérarchisation des langues des signes et des langues orales en subordonnant les premières aux secondes, voire le dénigrement ou la subalternisation des langues des signes (Bauman et Simser, 2013).
  6. La supposition selon laquelle le langage et la parole sont des concepts interchangeables (Bauman, 2004, 2008).

Selon l’Association des Sourds du Canada, « l’audisme est présent à tous les paliers de la société et du gouvernement sous la forme de préjugés, de discrimination ou de comportements discriminatoires directs, indirects ou systémiques »[4].


[1] Gouvernement du Québec. 2001. « L’action communautaire : une contribution essentielle à l’exercice de la citoyenneté et au développement social du Québec ». Politique de reconnaissance et de soutien de l’action communautaire. Québec : Ministère de l’Emploi et de la Solidarité Sociale, p.15.
[2] Organisation des Nations Unies (ONU). « Qu’est-ce que la justice sociale? » En ligne
[3] Tiré de Leduc, V. 2016. « C’est tombé dans l’oreille d’une Sourde. La sourditude par la bande dessignée », Thèse de doctorat. Département de communication, Université de Montréal.
[4] Association des Sourds du Canada. 2012. « Audisme ». En ligne

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